PER après 70 ans et fin de la déductibilité : ce qui change vraiment
Le PER après 70 ans et la déductibilité en 2026 forment désormais un couple explosif pour les épargnants patrimoniaux. Le projet de loi de finances pour 2025, en cours d’examen au Parlement au moment de la rédaction, prévoit la fin de la déduction fiscale des versements volontaires sur un plan d’épargne retraite individuel après 70 ans, ce qui neutralise les stratégies de versement massif de dernière minute pour réduire l’impôt sur le revenu. Autrement dit, le PER assurantiel reste un outil puissant de préparation de la retraite, mais l’avantage de déduction du revenu imposable se concentre désormais avant 70 ans, ce qui impose une planification beaucoup plus anticipée et structurée.
Jusqu’ici, certains contribuables à forte tranche marginale d’imposition, avec un TMI à 41 % ou 45 %, réalisaient des versements PER très importants juste avant un départ en retraite ou un décès anticipé redouté, en profitant des plafonds de déduction reportables et du plafond TNS pour les indépendants. Ces versements PER pouvaient être déduits du revenu imposable dans la limite des plafonds fiscaux, parfois en mobilisant plusieurs années de plafonds non utilisés, ce qui permettait une réduction d’impôt sur le revenu massive, puis une sortie en capital ou en rente viagère optimisée plus tard. La fin de la déductibilité des versements après 70 ans coupe net cette mécanique de déduction PER tardive, même si les plafonds non consommés restent reportables sur cinq ans pour les années postérieures à la réforme, ce qui maintient un intérêt pour les versements anticipés.
Le message du législateur est clair pour la gestion de patrimoine structurée : la fiscalité du PER doit être utilisée dans la durée, pas comme un outil d’optimisation fiscale de dernière minute. La fiscalité PER reste attractive tant que les versements volontaires sont effectués avant 70 ans, car la déductibilité permet de transformer un impôt immédiat en capital retraite futur, même si la sortie en capital subira ensuite l’imposition et les prélèvements sociaux. En revanche, après 70 ans, le PER après 70 ans et la déductibilité en 2026 ne riment plus avec avantage fiscal immédiat, ce qui oblige à arbitrer entre PER assurance, assurance vie et autres enveloppes comme le PEA ou le compte titres, en fonction du profil de risque et des objectifs de transmission.
Fin de la déduction après 70 ans : impact sur les stratégies de retraite et de transmission
La fin de la déduction fiscale des versements PER après 70 ans cible frontalement les stratégies d’optimisation de dernière minute, souvent conseillées par certains cabinets de gestion de patrimoine pour des dirigeants cédant leur entreprise tardivement. Ces contribuables réalisaient un versement unique très élevé, parfois proche du PASS ou d’un multiple du plafond TNS, en utilisant les plafonds de déduction non consommés et le pass plafond disponible, afin de réduire fortement l’impôt sur le revenu de l’année de cession. Désormais, ces versements déduits ne seront plus possibles après 70 ans, même si les plafonds restent théoriquement ouverts, ce qui réduit l’intérêt d’un PER assurantiel tardif pour ce profil et renforce la nécessité d’une optimisation retraite high net worth en amont.
Cette évolution renforce le rôle de l’assurance vie après 70 ans, mais avec des limites claires liées à l’article 757 B du Code général des impôts, qui ne prévoit qu’un abattement de 30 500 euros sur les primes versées après 70 ans pour le calcul des droits de succession. L’assurance vie conserve une fiscalité attractive sur les revenus et la sortie en capital, avec une imposition au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % sur les gains, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un taux global de 30 % hors cas particuliers, mais l’avantage successoral est nettement moins puissant que pour les primes versées avant 70 ans. En parallèle, le PER assurance conserve un régime de droits de succession spécifique en cas de décès avant ou après 70 ans, mais la perte de déductibilité des versements après 70 ans réduit l’intérêt de transférer massivement du capital financier vers un PER à cet âge, sauf pour des objectifs de protection du conjoint ou de sécurisation de revenus viagers.
Pour un couple marié de 72 ans avec 1,5 million d’euros d’actifs financiers, la question n’est plus seulement la fiscalité PER, mais l’arbitrage global entre revenus futurs, imposition à la sortie et droits de succession. La sortie en rente viagère sur un PER peut sécuriser un revenu régulier, mais elle reste soumise à l’impôt sur le revenu selon la fraction imposable de la rente et aux prélèvements sociaux, ce qui doit être comparé à une sortie en capital partielle ou totale. Dans ce contexte, la gouvernance patrimoniale familiale doit intégrer ces nouvelles règles, souvent avec l’appui d’un conseiller en gestion de patrimoine retraite spécialisé, comme l’explique l’analyse détaillée sur la structuration du patrimoine retraite par un CGP.
Sortie en capital, rente viagère et flat tax renforcée : un nouveau calcul du rendement net
La hausse envisagée de la flat tax à 31,4 % sur les gains financiers (contre 30 % actuellement, PFU de 12,8 % + prélèvements sociaux de 17,2 %) modifierait profondément le calcul du rendement net d’un PER après 70 ans, surtout lorsque la sortie en capital est privilégiée. Lorsqu’un épargnant a bénéficié d’une forte déductibilité de ses versements volontaires avant 70 ans, la sortie capital ultérieure sera soumise à l’impôt sur le revenu pour la part correspondant aux versements déduits, tandis que les gains seront imposés à la flat tax et aux prélèvements sociaux, ce qui peut éroder fortement le capital net perçu. La clé devient alors la comparaison entre l’économie d’impôt revenu obtenue lors du versement et la charge fiscale globale lors de la sortie, en capital ou en rente viagère, dans une logique de rendement net après impôt.
Pour un contribuable à TMI 41 %, un versement PER de 50 000 euros avant 70 ans, intégralement déduit dans la limite des plafonds disponibles, génère une économie d’impôt immédiate de plus de 20 000 euros, ce qui reste très significatif malgré la future imposition à la sortie. Si ce même contribuable effectue une sortie en capital dix ans plus tard, la part de capital correspondant aux versements déduits sera réintégrée dans le revenu imposable, tandis que les gains seront taxés à la flat tax de 31,4 % et aux prélèvements sociaux, ce qui impose de modéliser précisément le rendement net après impôt. À titre illustratif, un capital final de 80 000 euros composé de 50 000 euros de versements déduits et 30 000 euros de gains pourra subir plus de 30 000 euros de fiscalité cumulée sur la durée, alors qu’une sortie en rente, même soumise à l’impôt sur le revenu selon la fraction imposable de la rente viagère, peut lisser la fiscalité et réduire l’impact sur la tranche marginale d’imposition, surtout si les autres revenus baissent à la retraite.
Les stratégies de déblocage anticipé restent marginales pour les seniors, mais elles doivent être intégrées dans la réflexion globale, notamment en cas d’accident de la vie ou de décès du conjoint, car le régime fiscal et les droits de succession diffèrent selon la nature de la sortie. La gouvernance patrimoniale moderne ne se limite plus à choisir entre PER et assurance vie, elle intègre aussi la diversification géographique et bancaire, y compris l’ouverture d’un compte à l’étranger lorsque cela est pertinent. Sur ce point, certains investisseurs étudient par exemple l’ouverture d’un compte suisse pour optimiser leurs investissements, tout en restant dans le cadre strict de la réglementation fiscale française et des obligations déclaratives.
Planifier avant 70 ans : nouvelle discipline pour les versements PER et la gouvernance familiale
La réforme du PER après 70 ans et la déductibilité en 2026 impose une nouvelle discipline de versement pour les contribuables patrimoniaux, qui ne peuvent plus compter sur un rattrapage fiscal tardif. Les versements PER doivent désormais être étalés sur plusieurs années avant 70 ans, en utilisant pleinement les plafonds annuels, les plafonds reportables et le plafond TNS pour les indépendants, afin de maximiser la déduction fiscale sans faire exploser la tranche marginale d’imposition. Cette approche suppose une vision pluriannuelle des revenus, de l’imposition future et des besoins de liquidité, ce qui relève d’une véritable gestion de patrimoine stratégique plutôt que d’un simple placement produit, avec une modélisation chiffrée des flux d’épargne et de retraite.
La gouvernance patrimoniale familiale doit aussi intégrer les scénarios de décès, de transmission et de besoins de revenus des héritiers, car la fiscalité PER en cas de décès diffère de celle de l’assurance vie et des autres actifs financiers. Les droits de succession sur un PER dépendront de l’âge au décès, du lien de parenté et du régime fiscal applicable, ce qui impose de comparer précisément le traitement fiscal des capitaux décès d’un PER assurantiel avec celui d’un contrat d’assurance vie classique, notamment après 70 ans. Dans ce contexte, l’arbitrage entre sortie rente, sortie capital, maintien du PER et réallocation vers d’autres enveloppes doit être réévalué régulièrement, idéalement avec l’appui d’un expert comptable pour particulier qui sécurise les flux d’impôt sur le revenu, comme le rappelle l’analyse dédiée à l’intérêt de faire appel à un expert comptable pour sécuriser ses investissements.
Les dirigeants et cadres supérieurs qui pilotent eux mêmes leur allocation doivent accepter une réalité simple mais souvent occultée par le marketing des produits retraite. Le rendement pertinent n’est pas celui affiché sur la brochure, mais le rendement net d’impôt et de vacance. En matière de PER après 70 ans et de déductibilité en 2026, la discipline d’allocation consiste à utiliser les versements volontaires avant 70 ans, à arbitrer avec l’assurance vie et à intégrer la fiscalité réelle de la sortie, plutôt que de courir après une ultime déduction fiscale qui n’existe plus, tout en gardant une marge de manœuvre pour adapter la stratégie en fonction des futures lois de finances.
Chiffres clés sur le PER, la fiscalité et la retraite patrimoniale
- Selon la Direction générale du Trésor, l’encours des plans d’épargne retraite a dépassé 80 milliards d’euros fin 2023, avec une progression annuelle à deux chiffres, ce qui montre l’importance croissante du PER dans la planification de la retraite patrimoniale et la montée en puissance de cette enveloppe par rapport aux anciens dispositifs.
- Les données de la DGFIP indiquent qu’environ 10 % des foyers fiscaux supportent une tranche marginale d’imposition d’au moins 41 %, ce qui rend la déductibilité des versements PER avant 70 ans particulièrement attractive pour cette population à hauts revenus, qui peut transformer une charge fiscale immédiate en capital retraite différé.
- D’après les statistiques de France Assureurs, plus de 1 800 milliards d’euros sont logés en assurance vie, dont une part significative détenue par des épargnants de plus de 70 ans, ce qui souligne le rôle central de cette enveloppe dans les stratégies de transmission et de revenus complémentaires, en complément d’un PER bien utilisé avant le seuil de 70 ans.