Comment utiliser le marché secondaire des SCPI pour optimiser ses investissements

Comment utiliser le marché secondaire des SCPI pour optimiser ses investissements

Thomas Müller
Thomas Müller
Commentateur de tendances financières
29 juillet 2026 23 min de lecture
Découvrez le fonctionnement du marché secondaire des SCPI : formation du prix, liquidité, décote, fiscalité et stratégie patrimoniale. Comprenez comment optimiser vos achats et ventes de parts SCPI sans dégrader votre rendement effectif.
Comment utiliser le marché secondaire des SCPI pour optimiser ses investissements

Comprendre le marché secondaire des SCPI et son rôle pour les épargnants

Le marché secondaire des SCPI permet d’acheter ou de céder des parts déjà existantes, sans passer par de nouvelles émissions. Sur ce compartiment d’échanges, le prix des parts SCPI résulte de la confrontation entre acheteurs et vendeurs, ce qui crée une véritable dynamique de marché. Pour un investisseur particulier, ce mécanisme ouvre des opportunités (décote, délai de jouissance plus court) mais impose aussi de bien appréhender la liquidité, la formation du prix et les frais associés.

Une SCPI est une société civile de placement immobilier qui collecte du capital en euros auprès de nombreux épargnants. La société de gestion utilise ce capital pour acquérir un parc immobilier diversifié (bureaux, commerces, logistique, santé…) et verser un dividende annuel, qui constitue le rendement pour chaque associé. Sur le marché secondaire, ces mêmes parts SCPI peuvent changer de mains, parfois avec une décote ou une prime par rapport au prix de souscription du marché primaire, selon l’équilibre entre offre et demande et la perception de la qualité du patrimoine.

Il existe deux grands types de SCPI : les SCPI à capital variable et les SCPI à capital fixe, et cette distinction influence fortement le fonctionnement du marché secondaire. Pour une SCPI à capital variable, la société de gestion peut émettre ou racheter des parts en continu, ce qui limite souvent les décotes observées sur le prix de cession et rapproche le prix d’exécution de la valeur de retrait. Pour une SCPI à capital fixe, la rencontre entre ordres d’achat et ordres de vente sur un carnet d’ordres structuré crée un véritable marché secondaire, avec un prix d’exécution parfois éloigné du prix de souscription initial, surtout en période de tension immobilière.

Sur ce marché, la liquidité dépend du volume d’ordres et de la profondeur du carnet d’ordres, et non d’une garantie de rachat automatique par la société de gestion. Un investisseur doit donc analyser le nombre de parts en attente de cession, le délai moyen de cession et l’historique des confrontations pour évaluer le risque de blocage. Cette approche est très différente de celle du marché primaire, où l’acheteur se contente de souscrire au prix fixé par la société de gestion de la SCPI, sans négociation possible sur le prix de souscription.

Le marché secondaire peut aussi fonctionner de gré à gré, notamment pour des cessions de blocs de parts importants entre investisseurs avertis. Dans ce cas de cession de parts de SCPI de gré à gré, le prix d’exécution résulte d’une négociation directe, parfois avec une décote significative par rapport au marché secondaire organisé. Ce segment dit secondaire de gré à gré reste toutefois moins accessible aux petits épargnants, qui passent plutôt par le marché secondaire classique géré par la société de gestion ou par un intermédiaire.

Différences entre marché primaire et marché secondaire SCPI : prix, frais et fiscalité

Sur le marché primaire, l’investisseur achète des parts SCPI directement auprès de la société de gestion, au prix de souscription officiel. Ce prix de souscription intègre généralement les frais de souscription et reflète la valeur de reconstitution du patrimoine immobilier de la SCPI. À l’inverse, sur le marché secondaire SCPI, le prix de cession dépend de l’offre et de la demande, ce qui peut générer des écarts parfois marqués, à la hausse comme à la baisse, par rapport à cette valeur de référence.

Pour une SCPI à capital variable, le marché primaire et le marché secondaire se confondent souvent, car la société de gestion centralise les ordres et applique un prix unique. Le prix d’exécution des ordres d’achat et de cession de parts reste alors très proche de la valeur de retrait, ce qui limite les décotes observées dans le temps. Pour une SCPI à capital fixe, le carnet d’ordres du marché secondaire fait apparaître un véritable prix de marché, qui peut s’écarter du prix de souscription historique, notamment lorsque les taux d’intérêt montent ou que le segment immobilier est moins recherché.

La fiscalité diffère aussi entre marché primaire et marché secondaire, notamment à cause des droits d’enregistrement. Lors d’un achat de parts SCPI sur le marché secondaire, l’investisseur doit souvent payer des droits d’enregistrement en pourcentage du prix de cession, ce qui augmente le coût global de l’opération. Sur le marché primaire, ces droits d’enregistrement ne s’appliquent généralement pas, mais les frais de souscription sont déjà intégrés dans le prix de souscription et pèsent sur le rendement effectif les premières années.

Le rendement effectif pour l’investisseur dépend donc à la fois du dividende annuel versé par la SCPI et du prix d’achat ou de cession des parts. Un achat sur le marché secondaire avec une légère décote par rapport au prix de souscription peut améliorer le rendement effectif, surtout si le dividende annuel reste stable. À l’inverse, une cession de parts dans un contexte de marché secondaire peu liquide peut imposer une décote importante, ce qui réduit le gain global et peut entraîner une moins-value en capital.

Le délai de jouissance, c’est à dire la période entre l’achat des parts et le début du droit au dividende annuel, varie aussi selon que l’on passe par le marché primaire ou le marché secondaire. Sur le marché primaire, ce délai de jouissance est clairement indiqué par la société de gestion, souvent de plusieurs mois, ce qui pèse sur le rendement effectif la première année. Sur le marché secondaire SCPI, le délai de jouissance peut être plus court ou nul, ce qui compense parfois le paiement de droits d’enregistrement sur le prix de cession et améliore le revenu encaissé la première année.

Pour illustrer concrètement ces écarts, on peut comparer ce fonctionnement avec d’autres stratégies comme la location meublée non professionnelle en camping, décrite dans l’analyse sur le statut LMNP pour mobil home. Cette comparaison aide à mesurer l’impact des frais d’entrée, de la fiscalité et de la liquidité sur le rendement effectif global. Elle montre aussi que le marché secondaire SCPI n’est qu’un maillon d’une stratégie patrimoniale plus large, aux côtés d’autres placements immobiliers et financiers.

Liquidité, carnet d’ordres et rôle de la société de gestion

La liquidité du marché secondaire des SCPI repose sur la capacité à trouver rapidement un acheteur pour chaque cession de parts. Cette liquidité varie fortement d’une SCPI à l’autre, selon la taille du capital, la qualité de la gestion, la diversification du patrimoine et l’appétit des investisseurs. Un marché secondaire profond se caractérise par un carnet d’ordres fourni, avec de nombreux ordres d’achat et de vente à différents prix et des volumes d’échanges réguliers.

Le carnet d’ordres, parfois appelé carnet des ordres de la SCPI, recense toutes les intentions d’achat et de cession de parts en attente d’exécution. Pour une SCPI à capital fixe, ce carnet d’ordres est souvent publié périodiquement, ce qui permet aux investisseurs d’anticiper le prix d’exécution probable. Lorsque les ordres d’achat sont plus nombreux que les ordres de vente, le prix de cession tend à se rapprocher de la valeur de reconstitution, ce qui réduit les décotes observées et peut même faire apparaître une légère prime.

La société de gestion joue un rôle central dans l’organisation de ce marché secondaire, même si elle n’est pas toujours contrepartie directe des transactions. Elle centralise les ordres, fixe les périodes de confrontation et publie les prix d’exécution des dernières cessions de parts SCPI. Sa capacité à communiquer clairement sur la liquidité, les volumes échangés, les décotes observées et le fonctionnement du marché secondaire renforce la confiance des investisseurs particuliers et facilite leurs décisions d’arbitrage.

Pour un investisseur, analyser la liquidité ne se limite pas à regarder le volume de capital en euros géré par la SCPI. Il faut aussi examiner la fréquence des cessions de parts, le délai moyen entre dépôt d’un ordre et exécution, ainsi que l’écart entre prix de cession et valeur de reconstitution. Ces indicateurs donnent une vision concrète du risque de rester bloqué sur le marché secondaire en cas de retournement du marché immobilier ou de hausse rapide des taux d’intérêt.

Dans certains cas, des transactions de gré à gré viennent compléter le marché secondaire organisé, notamment pour des blocs de parts importants détenus par des investisseurs institutionnels. Ce marché secondaire de gré à gré peut afficher des prix d’exécution différents, parfois avec une décote plus marquée, car la négociation se fait directement entre acheteur et vendeur. Pour un particulier, ces opérations restent rares, mais elles influencent parfois la perception globale du marché secondaire SCPI et la valorisation implicite des parts.

Les enjeux de liquidité du marché secondaire des SCPI peuvent être rapprochés de ceux de l’investissement locatif direct, par exemple dans une ville comme Brest, analysé dans l’étude sur réussir son investissement locatif à Brest. Dans les deux cas, l’investisseur doit anticiper sa capacité à revendre, que ce soit un appartement ou des parts SCPI, et accepter que le prix de marché puisse s’écarter de la valeur théorique. Cette réflexion sur la sortie est essentielle avant tout achat sur le marché primaire ou sur le marché secondaire, surtout pour un épargnant qui a un horizon de placement limité.

Décote, rendement effectif et stratégie d’achat sur le marché secondaire

La notion de décote est au cœur de la stratégie sur le marché secondaire des SCPI, car elle conditionne le rendement effectif. Une décote correspond à un prix de cession inférieur à la valeur de reconstitution ou au prix de souscription du marché primaire, ce qui peut créer une opportunité pour l’acheteur. Les décotes observées varient selon la SCPI, la conjoncture immobilière, la profondeur du marché secondaire et la confiance accordée à la société de gestion.

Un investisseur qui achète des parts SCPI avec une décote améliore mécaniquement son rendement effectif, puisque le même dividende annuel est perçu pour un prix d’achat plus faible. Par exemple, si le dividende annuel représente 4 % du prix de souscription, une décote de 10 % sur le marché secondaire augmente ce rendement effectif d’environ un demi point. Cette logique attire de nombreux investisseurs sur le marché secondaire, surtout lorsque le marché primaire est temporairement fermé ou moins attractif, ou lorsque les prix de souscription ont été ajustés à la baisse.

Il faut toutefois rester prudent, car une décote importante peut aussi signaler un problème de liquidité ou de qualité du patrimoine de la SCPI. Des décotes observées sur plusieurs confrontations d’ordres peuvent traduire une défiance durable des investisseurs envers la société de gestion ou envers un segment immobilier spécifique (bureaux, commerces, logistique…). Dans ce cas, le marché secondaire SCPI envoie un signal de risque que l’épargnant doit analyser avant tout achat, en consultant les rapports annuels et les bulletins trimestriels.

La stratégie d’achat sur le marché secondaire passe donc par une étude fine du carnet d’ordres, des prix d’exécution récents et de l’historique des dividendes. Un investisseur averti compare le prix de cession moyen aux valeurs publiées par la société de gestion, tout en intégrant les droits d’enregistrement dans son calcul de rendement effectif. Il tient aussi compte du délai de jouissance, qui peut réduire le dividende annuel perçu la première année, même en cas de décote intéressante, et ajuste son horizon de détention en conséquence.

Certains investisseurs combinent marché primaire et marché secondaire dans une même stratégie patrimoniale, en profitant des phases de marché où les décotes sont limitées. Ils peuvent souscrire sur le marché primaire lorsque le prix de souscription reste proche de la valeur de reconstitution, puis renforcer sur le marché secondaire SCPI si des opportunités ponctuelles apparaissent. Cette approche diversifiée permet de lisser le prix moyen d’achat des parts SCPI dans le temps et de mieux gérer le risque de moins-value en cas de cession.

La comparaison avec d’autres opérations immobilières, comme les montages d’achat revente avec TVA sur marge décrits dans l’analyse sur le marchand de biens et la modélisation d’une opération d’achat revente, montre que la recherche de décote n’est pas propre aux SCPI. Dans tous les cas, l’investisseur cherche à acheter un actif immobilier ou financier en dessous de sa valeur estimée, afin d’améliorer son rendement effectif global. Le marché secondaire des SCPI offre ce type d’opportunité, mais avec des contraintes spécifiques de liquidité, de fiscalité et de transparence des informations.

Fonctionnement pratique d’un ordre sur le marché secondaire SCPI

Passer un ordre sur le marché secondaire d’une SCPI implique de respecter une procédure précise, souvent encadrée par la société de gestion. L’investisseur doit d’abord remplir un bulletin d’ordre d’achat ou de cession de parts, en indiquant le nombre de parts SCPI et le prix souhaité en euros. Cet ordre rejoint ensuite le carnet d’ordres, où il sera confronté aux ordres de sens opposé lors de la prochaine période de marché, selon les règles propres à chaque SCPI.

Sur certaines SCPI à capital fixe, la confrontation des ordres a lieu à dates fixes, par exemple une fois par mois ou par trimestre. Le prix d’exécution est alors déterminé en fonction de l’équilibre entre la quantité de parts à l’achat et la quantité de parts à la vente, ce qui crée un véritable marché secondaire SCPI. Lorsque la demande dépasse l’offre, toutes les cessions de parts ne sont pas forcément exécutées, ce qui peut rallonger le délai de cession et imposer de revoir le prix proposé.

Pour les SCPI à capital variable, le fonctionnement est souvent plus fluide, car la société de gestion peut ajuster le capital en émettant ou en rachetant des parts. Dans ce cas, le marché primaire et le marché secondaire se confondent, et le prix de cession correspond généralement à un prix de retrait prédéfini. L’investisseur bénéficie alors d’une meilleure visibilité sur le prix d’exécution, mais il dispose de moins de marge pour profiter de décotes ponctuelles ou de négociations de gré à gré.

Lorsqu’un ordre est exécuté, l’investisseur reçoit un avis d’opéré mentionnant le nombre de parts, le prix d’exécution et le montant total en euros. Pour l’acheteur, il faut ajouter les droits d’enregistrement éventuels et les frais de dossier, ce qui augmente le coût global de l’achat sur le marché secondaire. Pour le vendeur, le prix de cession net peut être inférieur au prix de souscription initial, surtout en cas de marché secondaire peu liquide ou de baisse récente de la valeur de reconstitution.

Le délai de jouissance des parts achetées sur le marché secondaire est précisé par la société de gestion, et il peut différer de celui du marché primaire. Un délai de jouissance plus court améliore le rendement effectif la première année, car l’investisseur perçoit plus rapidement le dividende annuel de la SCPI. Cette caractéristique compense parfois un prix d’exécution légèrement supérieur à la valeur de retrait théorique, notamment lorsque la SCPI a récemment ajusté son prix de souscription.

Pour optimiser ses ordres sur le marché secondaire SCPI, un investisseur particulier doit suivre régulièrement les bulletins d’information publiés par la société de gestion. Ces documents détaillent la situation du carnet d’ordres, les dernières décotes observées et les volumes de capital échangés, ce qui aide à ajuster le prix proposé. Une bonne compréhension de ce mécanisme d’ordres permet de mieux gérer la liquidité de son portefeuille de parts SCPI et d’anticiper les délais de cession.

Risques spécifiques du marché secondaire SCPI pour les particuliers

Le marché secondaire des SCPI présente des risques spécifiques que les particuliers sous estiment parfois, notamment en matière de liquidité. Contrairement à un marché coté, il n’existe pas de garantie de trouver immédiatement un acheteur pour chaque cession de parts, surtout en période de tension immobilière. Un investisseur peut donc rester plusieurs semaines ou plusieurs mois en attente d’exécution sur le marché secondaire SCPI, avec un prix final différent de celui initialement espéré.

Le risque de décote est également important, car le prix de cession peut s’éloigner sensiblement du prix de souscription initial. Des décotes observées sur plusieurs confrontations d’ordres traduisent souvent un déséquilibre durable entre offre et demande, ce qui pèse sur la valeur du capital investi. Pour un épargnant qui a acheté ses parts SCPI sur le marché primaire, cette situation peut générer une moins value en cas de cession rapide, même si les dividendes ont été réguliers pendant plusieurs années.

La transparence du marché secondaire varie selon les sociétés de gestion, ce qui complique parfois l’analyse pour les particuliers. Certaines sociétés de gestion publient un carnet d’ordres détaillé et des statistiques de liquidité, tandis que d’autres se contentent d’indiquer le dernier prix d’exécution. Cette hétérogénéité rend indispensable l’étude attentive des rapports annuels et des bulletins trimestriels de chaque SCPI, afin de comprendre la profondeur réelle du marché secondaire.

Le risque de concentration est un autre point de vigilance, car certains investisseurs détiennent une part importante de leur patrimoine en parts SCPI. En cas de blocage du marché secondaire ou de baisse durable des prix de cession, cette concentration peut fragiliser l’ensemble du portefeuille. Il est donc prudent de diversifier entre plusieurs SCPI, mais aussi entre marché primaire, marché secondaire et autres formes d’investissement immobilier ou financier.

La fiscalité peut enfin réduire le rendement effectif, surtout lorsque les droits d’enregistrement et l’imposition des revenus fonciers ne sont pas anticipés. Un achat sur le marché secondaire SCPI avec une décote apparente peut perdre de son attrait une fois intégrés les droits d’enregistrement, les prélèvements sociaux et l’impôt sur le revenu. L’investisseur doit donc raisonner en rendement net après fiscalité, et non uniquement en dividende annuel brut, en tenant compte de sa tranche marginale d’imposition.

Pour limiter ces risques, il est utile de comparer plusieurs SCPI en analysant leur capital, leur historique de gestion et la régularité de leur marché secondaire. Les investisseurs les plus prudents privilégient souvent les SCPI à capital variable de grande taille, dont le marché secondaire est plus fluide et les décotes observées plus limitées. Cette approche ne supprime pas le risque, mais elle améliore la visibilité sur la liquidité, sur la stabilité du prix de cession et sur la capacité de la société de gestion à traverser les cycles immobiliers.

Comment intégrer le marché secondaire SCPI dans une stratégie patrimoniale globale

Intégrer le marché secondaire des SCPI dans une stratégie patrimoniale suppose de clarifier son horizon de placement et ses besoins de liquidité. Un investisseur qui vise un complément de revenu régulier peut utiliser les parts SCPI comme une source de dividende annuel, tout en acceptant une liquidité imparfaite. Dans ce cas, le marché secondaire SCPI sert surtout de porte de sortie à moyen ou long terme, plutôt que de support de spéculation à court terme ou de gestion de trésorerie.

Pour un épargnant en phase de constitution de patrimoine, le choix entre marché primaire et marché secondaire dépendra du niveau de décote et des frais annexes. Lorsque le prix de souscription du marché primaire reste proche de la valeur de reconstitution, la différence avec le prix de cession du marché secondaire peut être faible, surtout après droits d’enregistrement. Dans ce contexte, la priorité est souvent de sélectionner une société de gestion solide, avec un historique de rendement effectif stable, une bonne maîtrise du capital investi et une communication transparente sur la liquidité.

Les investisseurs plus expérimentés peuvent utiliser le marché secondaire pour arbitrer entre différentes SCPI, en vendant des parts dont le rendement effectif se dégrade pour acheter des parts SCPI plus prometteuses. Ces arbitrages reposent sur l’analyse fine des prix d’exécution, des décotes observées et des perspectives de dividende annuel pour chaque SCPI. Ils exigent aussi une bonne compréhension du fonctionnement des ordres, des délais de cession sur chaque marché secondaire et de l’impact fiscal de ces mouvements.

Dans une optique de transmission, les parts SCPI achetées sur le marché secondaire peuvent être intégrées dans une stratégie de donation ou de succession. Le prix de cession observé sur le marché secondaire SCPI sert alors souvent de référence pour évaluer la valeur des parts, ce qui peut influencer les droits à payer. Cette dimension patrimoniale renforce l’importance de suivre régulièrement l’évolution du marché secondaire, des prix de cession et des valeurs de reconstitution publiées par la société de gestion.

Une stratégie globale doit enfin tenir compte de la place des SCPI par rapport aux autres investissements immobiliers, comme la location meublée, les résidences gérées ou l’immobilier détenu en direct. Le marché secondaire des SCPI offre une exposition immobilière mutualisée, avec une gestion déléguée à une société de gestion professionnelle, mais avec une liquidité inférieure à celle des actifs financiers cotés. Chaque investisseur doit donc ajuster la part de SCPI dans son patrimoine en fonction de sa tolérance au risque, de ses objectifs de revenu et de son horizon de détention.

En pratique, beaucoup de particuliers combinent un noyau de SCPI à capital variable achetées au fil du temps sur le marché primaire avec quelques opportunités ponctuelles sur le marché secondaire. Cette combinaison permet de profiter de la stabilité d’un marché primaire structuré tout en saisissant, lorsque c’est pertinent, des décotes observées sur certaines cessions de parts. Le marché secondaire SCPI devient alors un outil d’ajustement fin, au service d’une stratégie patrimoniale cohérente, diversifiée et adaptée à l’évolution des cycles immobiliers.

Chiffres clés sur le marché secondaire des SCPI

  • Selon l’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM), le volume des échanges sur le marché secondaire des SCPI représente généralement entre 2 % et 4 % du capital total chaque année, ce qui illustre une liquidité réelle mais limitée par rapport aux marchés financiers cotés.
  • Les statistiques publiées par l’ASPIM montrent que le rendement annuel moyen des SCPI de rendement se situe souvent autour de 4 % à 5 % du prix de souscription, mais le rendement effectif pour l’investisseur peut varier de plus d’un point selon le prix d’exécution sur le marché secondaire et la fiscalité personnelle.
  • Les données de l’Autorité des marchés financiers indiquent que la durée de détention moyenne des parts de SCPI dépasse fréquemment 10 ans, ce qui confirme que ces placements sont conçus pour le long terme et que le marché secondaire SCPI doit être envisagé comme une porte de sortie différée plutôt qu’un outil de trading rapide.
  • Les rapports annuels de plusieurs grandes SCPI montrent que les décotes observées sur le marché secondaire restent souvent inférieures à 5 % en période de marché stable, mais peuvent dépasser 10 % lors de phases de tension immobilière ou de hausse rapide des taux d’intérêt.

FAQ sur le marché secondaire des SCPI

Comment se forme le prix sur le marché secondaire des SCPI ?

Le prix sur le marché secondaire des SCPI résulte de la confrontation entre les ordres d’achat et les ordres de vente inscrits au carnet d’ordres. Pour les SCPI à capital fixe, ce prix d’exécution est déterminé à chaque confrontation, en fonction de l’équilibre entre offre et demande. Pour les SCPI à capital variable, le prix de cession est souvent proche d’un prix de retrait fixé par la société de gestion, qui tient compte de la valeur de reconstitution et des frais.

Le marché secondaire des SCPI est il vraiment liquide pour un particulier ?

La liquidité du marché secondaire SCPI est réelle mais limitée, car il ne s’agit pas d’un marché coté en continu. La rapidité de cession des parts dépend du volume d’ordres, de l’attractivité de la SCPI et de la conjoncture immobilière. Un investisseur doit accepter un délai de cession parfois de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, surtout en période de tension ou lorsque de nombreuses parts sont simultanément mises en vente.

Pourquoi existe t il des décotes sur le marché secondaire SCPI ?

Les décotes sur le marché secondaire SCPI apparaissent lorsque l’offre de parts à la vente dépasse la demande des acheteurs. Elles reflètent souvent des inquiétudes sur le marché immobilier, sur la qualité du patrimoine ou sur la gestion de la SCPI. Ces décotes peuvent créer des opportunités de rendement effectif supérieur, mais elles signalent aussi un risque de liquidité accru et la possibilité d’une baisse durable de la valeur des parts.

Faut il privilégier le marché primaire ou le marché secondaire pour acheter des SCPI ?

Le choix entre marché primaire et marché secondaire dépend du niveau de décote, des frais et de la liquidité recherchée. Le marché primaire offre un prix de souscription stable et une procédure plus simple, mais sans possibilité de négocier le prix. Le marché secondaire SCPI permet parfois d’acheter avec une décote, au prix d’une liquidité moins prévisible et de droits d’enregistrement supplémentaires, qu’il faut intégrer dans le calcul de rendement.

Comment évaluer le rendement effectif d’un achat sur le marché secondaire SCPI ?

Pour évaluer le rendement effectif d’un achat sur le marché secondaire SCPI, il faut rapporter le dividende annuel net de fiscalité au prix d’exécution payé, en incluant les droits d’enregistrement et les frais éventuels. Il convient aussi de tenir compte du délai de jouissance, qui réduit le dividende perçu la première année. Cette approche permet de comparer objectivement un achat sur le marché secondaire avec une souscription sur le marché primaire et d’ajuster sa stratégie patrimoniale en conséquence.